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INTERVIEW AVEC ANNE GIVAUDAN
(Avril 2001)

 - Régis Fugier : Comme tous tes lecteurs, je suis impatient de lire ton dernier ouvrage "Walk-in" qui doit paraître prochainement. Pourrais-tu nous en dire quelques mots ?

Anne Givaudan : Walk-in- La femme qui changea de corps - est l'histoire d'une "transmigration". Je décris dans cet ouvrage le phénomène bien particulier qu'est celui de la transmigration. La question se pose cependant au lecteur peu habitué à ces termes: qu'est-ce qu'un Walk-in, qu'est-ce qu'une transmigration ?
Un Walk-in est un être qui marche à l'intérieur mais à l'intérieur de qui, de quoi ? A l'intérieur d'un autre corps, d'un corps qui ne lui appartient pas, après un pacte d'alliance passé entre deux âmes.
A notre époque où tout avance à grande vitesse, il est important de ne plus se voiler les yeux par peur de soi ou des autres. Sur Terre comme ailleurs, tout est possible. "L'impossible est une absurdité"
Il existe sur terre des êtres qui ne sont pas d'ici et qui ont emprunté des corps afin de contribuer à un plan lumineux qui dépasse largement le cadre de notre seule planète. Que la plupart mettent cela en doute par peur de "se faire avoir" ou "de devoir modifier leurs conceptions" ne change en rien les faits.
Je suis heureuse d'avoir depuis deux ans la possibilité et l'autorisation de parler sans mots couverts de ces faits étonnants. Il se passe des évènements suffisamment important à l'heure actuelle pour que ceux qui doivent agir puissent le faire en toute connaissance.
Le moment est venu pour que les contacts plus tangibles reprennent et réactivent nos mémoires.

R.F. : Quand on a lu les évangiles, puis qu'on prend connaissance de l'ouvrage "De Mémoire d'Essénien", on s'aperçoit que bien des choses sur le plan historique ont été modifiées ou faussées dans la Bible. Et pourtant, certains hermétistes chrétiens nous disent que les textes bibliques ont quand même une grande valeur symbolique, qu'ils sont comme des mantras adaptés aux vibrations du monde occidental et qu'ils peuvent donc être très utiles dans une démarche spirituelle. Quelle est ton opinion à ce sujet ?

- Anne Givaudan : J'ai beaucoup d'hésitations à considérer les écrits d'une transmission orale comme des textes imprégnés de LA VERITÉ. Il est vrai qu'il existe des sons et des lettres qui ont une énergie indéniable et universelle. Des prières sont de toute façon des transmetteurs d'énergie subtile et ont différents niveaux de lecture, ce qui leur donne une valeur symbolique évidente. N'oublions cependant pas que les évangiles n'ont pas été écrits au moment même de l'enseignement du Maître Jésus mais par la suite... Cela laisse une marge d'inexactitude volontaire ou non qui n'est pas négligeable. Nous devons aussi garder à l'esprit que les plus belles énergies à force d'être mal employées perdent de leur force et se dévitalisent, se polluent comme le ferait n'importe quel corps physique. Les mots, les prières sont des formes porteuses d'une énergie plus vaste mais il arrive qu'au bout d'un temps, cette forme perde son pouvoir et son utilité. Alors commence une transformation que certains considéreront comme la mort ou la fin et d'autres comme les prémices d'une naissance.
C'est ainsi qu'aujourd'hui, nous sommes à l'aube d'une grande transformation où l'ancien cède le pas à des énergies subtiles et puissantes sans commune mesure et qui ne peuvent bâtir sur le mensonge ou le pouvoir comme l'on fait tant de religions pendant si longtemps à travers des écrits falsifiés ou tronqués.

- R.F. : J'ai souvent remarqué que dans les mouvements New Age, beaucoup ont dénigrés les textes chrétiens pour se tourner vers des enseignements plus orientaux. Pourtant, ce qui me paraît intéressant avec les textes bibliques, c'est qu'ils décrivent très bien des aspects de notre vie intérieure et peuvent donc nous donner l'occasion de comprendre qui nous sommes. Qu'est-ce que tu en penses ?

- A.G. : Un texte chrétien, lorsqu'il est pur, est plus adapté à notre civilisation qu'un texte oriental.il est adapté à une forme de psychologie qui se transmet de génération en génération. Cela nous permet de mieux le comprendre ou du moins d'être touché d'une façon plus directe par les concepts qui y sont développés et qui nous sont plus familiers. Pourtant, la grande partie de ceux qui cherchent, se tourne ou s'est au moins une fois tourné vers l'orient... un orient qui n'a pas supprimé certaines réalités telles que celle de la réincarnation et qui parle plus de philosophie que de dogmes. Comment ne pas être attiré par ce qui nous laisse entrevoir une autre compréhension de la vie, de l'après vie et de l'avant vie ? Comment ne pas se laisser séduire par une proposition de vie qui laisse la porte ouverte à la tolérance*, à la compassion. Tous les Hommes quels qu'ils soient, cherchent l'Amour, le bonheur mais comment se fier à une Eglise dont les principaux représentants sont en perpétuel désaccord avec les paroles du Christ ? En fait, je crois que ce ne sont pas les textes chrétiens qui ont été dénigrés mais ce que les hommes de pouvoir en ont fait. Devant de tels actes, la lassitude puis le dégoût et enfin la révolte ont pris le pas et dans ce fantastique "ras-le-bol", tout a été rejeté en bloc. Disons que l' "on a jeté le bébé avec l'eau du bain".
En cette époque de résurrection, les paroles du Christ-Jesus sont d'une puissance énorme, seules les traductions en ont affaibli la veine au profit de la gloire et du pouvoir de quelques uns. Lorsque j'ai revécu dans "De mémoire d'Essénien" ma vie proche du maître, j'ai enfin pu me réconcillier avec le personnage de Jésus qui était très loin de ce qui m'avait été enseigné et qui était immensément au-delà de toute structure humaine.
Maintenant je suis convaincue que le Coeur de l'Homme est partout et que chaque enseignement est un chemin qui correspond à une époque, à une civilisation mais que ce chemin évolue et se transforme, se complète à chaque pas.
* Un synode extraordinaire des évêques d'Asie a entériné en mai 98 les modalités d'application de la nouvelle évangélisation de l'Asie. Sur ce le pape a fait la déclaration publique qu'en dehors du Christ, il n'est point de salut à l'exclusion de toute autre croyance.

- R.F.: Dans notre civilisation, nous avons beaucoup tendance à exprimer quelque chose qui est différent de ce qui est à l'intérieur de nous. Or, la démarche du Christ, à notre niveau d'aujourd'hui au XXI siècle, ne nous enseigne-t'elle pas plutôt de faire en sorte que notre ego soit en parfait accord avec notre dimension intérieure et que ce que nous exprimons extérieurement ne soit plus un mensonge ?

- A. G. : Le mensonge, c'est la maladie ! Je m'explique. Lorsque nous sommes en désaccord avec une partie de nous-mêmes, lorsque nos paroles, nos pensées ou nos actes ne sont pas en parfaite harmonie alors commence la maladie ou "mal à Dieu". Le jeu de mot semble facile mais avec mon mari en tant que thérapeutes et enseignants nous assistons toujours à ce même phénomène. La maladie est comme une sonnette d'alarme qui vient simplement nous dire :
" fais une pause dans ta vie et regarde ce que tu n'as pas voulu voir encore et qui retarde ton avance, qui encombre la fluidité de ta vie." Inconsciemment nous nous racontons tous beaucoup d'histoires que nous aimerions vraies et pourtant maintenant vient le moment de laisser nos masques. Cela ne signifie pas "dire n'importe quoi n'importe quand" mais plutôt arréter de dire, de faire, de penser ce qui ne vient pas de nous mais de la famille, la religion, la société et qui n'est pas en accord avec notre coeur.
Pour cela, la première démarche est de s'accepter soi-même avec ses grandeurs mais aussi ses petitesses. Accepter de ne pas toujours être à la hauteur est une leçon d'humilité et de vérité mais c'est la voix de la Santé sur tous les plans de notre être. Après cela nous saurons accepter "l'autre" dans sa totalité.

- R.F. : Les textes anciens disent que tôt ou tard, nous serons tous "sauvés". Cette image a beaucoup imprégné les cultures religieuses. Or, à ce propos, on se rend compte que le monde est coupé en deux : d'un côté, il y a ceux qui pensent que le monde sera sauvé par les oeuvres et par le mérite ; de l'autre côté, il y a ceux qui pensent que l'homme sera sauvé par la Grâce et que les oeuvres sont inutiles. Entre ces deux perspectives, n'est-il pas préférable de penser que nos oeuvres nous aideront seulement à nous ouvrir à la Lumière divine, mais que celle-ci nous sauvera naturellement et gratuitement, sans compter nos mérites ?

- A.G. : Le Divin n'a guère de cahier de comptabilité et la Lumière qu'il répand est pour tous sans exception, sans question de mérite ou de démérite. Je pense sincèrement que nous serons tous "sauvés" simplement pour la raison suivante:
" La vie ne s'arrête pas simplement parce que nous changeons de corps physique, elle continue et permet à chacun de faire toutes les expériences qui lui sont nécessaires. Nous avons donc tous le temps de parfaire ce que nous sommes venus faire et par là même un jour...nous arriverons à rejoindre ce grand Soleil qui brille si fort en chacun, même si certains apprennent plus lentement et plus douloureusement que d'autres.
Pourtant... je ne pense pas que nous soyons "sauvés" par qui que ce soit dans la mesure où nous ne sommes pas en danger. Etre sauvé signifie que nous sommes ou que nous avons un risque d'être condamnés... mais à
quoi ? et qui condamne ou sauve Qui ? Dieu ou la Grande Force ou le Sans nom est au-delà de tout cela. Il ne juge pas, ne sauve pas, ne condamne pas parce que son essence est l'Amour même.
Lorsque l'Humain comprendra ces paroles : "Ce que vous faites au plus petit d'entre les miens c'est à moi que vous le faites" - dans le sens que :
Toute souffrance infligée à une créature rejaillit dans la moindre de nos cellules et nous empoisonne -, il cessera de se condamner lui-même en permanence et d'attirer à lui des expériences douloureuses.

- R.F. : Certaines choses qui sont dites dans tes ouvrages et ceux co-écrits avec Daniel Meurois peuvent nous amener à penser, entre autres choses, que le karma est lié au pardon, car, si j'ai bien compris, chaque fois que l'on est incapable de pardonner, on s'englue un peu plus dans un réseau karmique déjà bien compliqué. Dans ce cas, le pardon n'est-il pas tout simplement la meilleure solution pour résoudre notre karma et, si oui, n'aurions-nous pas intérêt à mieux comprendre ce qu'est vraiment le pardon, à cause des pièges subtils qu'il implique ?

- A. G. : La question me paraît essentielle dans la mesure où le pardon est un élément primordial de la vie de chacun. Pardonner permet de faire un pas immense mais pardonner vraiment est quelque chose d'extrêmement difficile pour la plupart d'entre nous. là encore nous nous racontons bien souvent des histoires et nous croyons consciemment avoir pardonné alors que quelque part tout est loin d'être résolu. Des pratiques très efficaces sur le pardon, sont proposées dans le petit livre "Sois"...Je vais vous dire quelque chose de très précis:
"Vous ne pouvez pardonner si avant cela vous n'acceptez pas d'en vouloir à quelqu'un. Cette acceptation est déjà la première démarche. Lorsque cela est fait et que vous avez fait de toute votre âme la pratique du pardon (quelle qu'elle soit) vous saurez très vite si vous avez vraiment pardonné. Si c'est fait, dès le lendemain, votre relation avec la personne sera différente et de toute façon beaucoup plus saine et libératrice pour les deux protagonistes. Si cependant vous le faites dans l'unique but de gagner des points pour le "paradis" il est fort à parier que la relation sera identique.

- R.F. : Alors que nous venons d'entrer dans le nouveau millénaire, as-tu un grand souhait à faire et as-tu un grand regret ?

- A. G. : De regret non, plutôt un souhait: Que chacun de nous devienne un "Porte Bonheur" pour lui , pour ceux qu'il rencontre et pour la Terre qui le porte. Un peu comme une fée qui là où elle passe laisse une traînée de joie, un peu plus de légèreté...car la Vie en fait est plus simple qu'on ne se l'imagine souvent.

- R. F. : Je te remercie d'avoir accepté de t'exprimer sur ces quelques sujets, pour le plaisir de tous les visiteurs et participants d'ESSANIA.

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